Échographie gynécologique de premier recours par la sage-femme libérale : démarche d'examen et cadre 2026
Le 19 mai 2026, Doctolib et la Fondation Jean-Jaurès ont publié les Cartes de France de l'accès aux soins, une analyse fondée sur plus de 230 millions de consultations réalisées en 2025. Le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez une sage-femme y atteint 12 jours, en hausse d'une journée par rapport à la période 2023-2025, dans un contexte d'inégalités territoriales d'accès aux soins qui pèse sur l'ensemble des professionnels du suivi de la femme. La sage-femme libérale formée à l'échographie y tient une place de premier recours encore sous-exploitée, y compris hors grossesse, en complément du gynécologue et du radiologue. Son périmètre d'action en échographie gynécologique repose sur un cadre réglementaire que le Conseil national de l'ordre des sages-femmes a récemment clarifié.
Un cadre réglementaire clarifié : aucun diplôme exigé pour l'échographie gynécologique de dépistage
La compétence échographique de la sage-femme se lit à deux niveaux distincts. Pour l'échographie obstétricale et fœtale, le décret n° 2017-702 du 2 mai 2017 conditionne l'exercice à un diplôme universitaire ou interuniversitaire reconnu. L'arrêté du 20 avril 2018 en précise les titres admis. Le CNOSF en tient la liste à jour. Pour l'échographie gynécologique réalisée hors grossesse, la règle diffère. Le Conseil national de l'ordre des sages-femmes indique qu'« aucune condition de diplôme complémentaire n'est exigée par les textes », tout en recommandant « d'obtenir une formation spécifique complémentaire ». Cette distinction structure la pratique : une sage-femme peut réaliser une échographie pelvienne de dépistage chez une patiente saine sans le diplôme obstétrical, à condition de n'agir que dans le champ de ses compétences et selon les données acquises de la science.
Des indications hors grossesse : douleurs pelviennes, métrorragies et suivi de contraception
En pratique de ville, l'échographie gynécologique de premier recours répond à des motifs de consultation fréquents. Elle documente une douleur pelvienne, précise l'origine de métrorragies, vérifie le positionnement d'un dispositif intra-utérin après la pose ou devant des symptômes, et accompagne le suivi d'une contraception. Chez la femme ménopausée, la mesure de l'épaisseur endométriale oriente la conduite devant un saignement post-ménopausique. L'examen sert alors d'outil d'orientation diagnostique : il confirme une situation bénigne, ou identifie une anomalie qui justifie un avis spécialisé. La sage-femme échographiste inscrit ce geste dans une consultation globale, ce qui raccourcit le parcours de la patiente et réserve l'avis spécialisé aux situations qui le justifient. Cette continuité, du motif de consultation à l'image, distingue le premier recours réalisé au cabinet d'un adressage isolé vers un centre d'imagerie.
La démarche d'examen : voie sus-pubienne, voie endocavitaire et désinfection de la sonde
L'examen associe deux voies d'abord complémentaires. La voie sus-pubienne, vessie en semi-réplétion, offre une vue d'ensemble du pelvis et de l'utérus. La voie endocavitaire, à l'aide d'une sonde endocavitaire haute fréquence, précise l'analyse de l'endomètre, des ovaires et des annexes. La sage-femme mesure les dimensions utérines, l'épaisseur de l'endomètre et l'aspect des ovaires, puis confronte ces éléments au tableau clinique. L'hygiène de la sonde conditionne la sécurité de l'acte. Depuis 2016, le Haut Conseil de la santé publique recommande une désinfection de niveau intermédiaire entre chaque patiente pour l'échographie endocavitaire, en complément d'une protection de sonde à usage unique. En pratique, l'association d'une gaine à usage unique et de cette désinfection structure la prévention du risque infectieux lié aux sondes endocavitaires.
Les limites de la compétence : quand adresser au gynécologue ou au radiologue
La valeur de l'échographie de premier recours tient autant à ce qu'elle affirme qu'à ce qu'elle sait déléguer. Plusieurs situations dépassent le champ du dépistage et imposent un adressage :
- une masse annexielle complexe ou un aspect évocateur de néoplasie ;
- un épaississement endométrial anormal chez une patiente ménopausée ;
- un contexte obstétrical pathologique relevant du suivi diplômant ;
- un examen techniquement pris en défaut, faute de conditions d'exploration suffisantes.
Ce tri repose sur la règle déontologique que rappelle le CNOSF : la sage-femme s'abstient de tout acte qui dépasserait sa compétence ou ses possibilités. Loin de restreindre la pratique, ces critères d'adressage en font un maillon fiable du parcours de soins, articulé avec le gynécologue et le radiologue.
Équiper le cabinet de sage-femme échographiste
L'installation en échographie gynécologique repose sur un socle matériel restreint mais exigeant. Au-delà de l'échographe et de ses sondes, la pratique quotidienne mobilise des consommables récurrents : gels de couplage et protections de sonde adaptées à la voie endocavitaire. La gamme Krystal by EDM couvre ces deux besoins, du gel d'échographie stérile à usage unique aux protections de sonde stériles et non stériles compatibles avec les sondes endocavitaires. Le choix d'une protection sans latex répond aux situations d'allergie, fréquentes en gynécologie. Pour structurer cet achat, EDM regroupe l'équipement d'échographie diagnostique conçu pour le cabinet de sage-femme, des gels aux protections de sonde. Ce positionnement de partenaire d'installation prolonge plus de trente ans de distribution de dispositifs médicaux auprès des cabinets libéraux.
Une compétence de premier recours à consolider
À mesure que les délais d'accès s'allongent, l'échographie gynécologique de premier recours confiée à la sage-femme libérale gagne en pertinence pour le maillage territorial. Le cadre de 2026 en sécurise l'exercice sans l'alourdir : la formation reste recommandée, l'adressage structuré protège la patiente, et l'équipement se limite à quelques consommables maîtrisés. Reste une question ouverte pour la profession : comment articuler cette montée en compétence avec la formation continue et la coordination entre sages-femmes, gynécologues et radiologues, pour que le premier recours ne se fasse jamais au détriment du second avis ?
Questions fréquentes
Une sage-femme peut-elle réaliser une échographie ?
Oui, dans son champ de compétence. L'échographie obstétricale et fœtale exige un diplôme universitaire ou interuniversitaire reconnu (arrêté du 20 avril 2018). L'échographie gynécologique hors grossesse ne requiert « aucune condition de diplôme complémentaire » selon le CNOSF, qui recommande néanmoins une formation spécifique.
Quelle formation suivre pour pratiquer l'échographie gynécologique ?
Le CNOSF recommande une formation spécifique complémentaire, sans l'imposer par les textes pour la gynécologie. Pour l'obstétrique, un diplôme universitaire ou interuniversitaire d'échographie en gynécologie-obstétrique est requis ; la liste des titres reconnus est tenue par l'ordre.
Comment désinfecter la sonde endocavitaire entre deux patientes ?
Le Haut Conseil de la santé publique recommande depuis 2016 une désinfection de niveau intermédiaire entre chaque patiente pour l'échographie endocavitaire, associée à une protection de sonde à usage unique. Cette combinaison vise à prévenir la transmission croisée d'agents infectieux entre patientes.
Sources et références
- Fondation Jean-Jaurès et Doctolib, Cartes de France 2026 de l'accès aux soins, 19 mai 2026.
- Doctolib, Les Cartes de France de l'accès aux soins 2026, 19 mai 2026.
- Conseil national de l'ordre des sages-femmes, Une sage-femme peut-elle réaliser les échographies gynécologiques et obstétricales ?
- Conseil national de l'ordre des sages-femmes, Les activités nécessitant des diplômes complémentaires.
- Décret n° 2017-702 du 2 mai 2017 relatif à la réalisation des échographies obstétricales et fœtales, Légifrance.
- Arrêté du 20 avril 2018 relatif à l'imagerie fœtale, CNOSF.
- Haut Conseil de la santé publique, Désinfection des sondes à échographie endocavitaire.

