Les myomes utérins (ou fibromes) sont les tumeurs bénignes les plus fréquentes du myomètre. Ils concernent jusqu’à 70 % des femmes en âge de procréer, avec une expression clinique variable : ménorragies, douleurs pelviennes, infertilité ou simple découverte fortuite.
Dans cette hétérogénéité, l’échographie transvaginale s’impose aujourd’hui comme l’outil de référence pour le diagnostic initial, la cartographie lésionnelle et le suivi thérapeutique.
Échographie endovaginale : standard diagnostique de première intention
L’échographie transvaginale constitue l’examen de référence dans le bilan initial des myomes utérins. Recommandée comme modalité de première intention par le CNGOF (2023), elle permet une visualisation directe du myomètre avec une résolution suffisante pour détecter des lésions dès quelques millimètres, et donc largement adaptée pour repérer des myomes à partir de 1,5 à 2 cm. Cette capacité à caractériser précocement les fibromes intramuraux, sous-muqueux ou sous-séreux en fait un outil central pour le diagnostic, la cartographie FIGO, le suivi évolutif ou la planification thérapeutique.
Une métanalyse récente de Li et al. (2023), publiée dans le Journal of Minimally Invasive Gynecology, a confirmé l’excellente performance diagnostique de l’échographie dans la détection des myomes utérins. Basée sur une population de 972 patientes, dont 694 cas confirmés de fibromes, elle rapporte une :
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Sensibilité de 76 % (IC 95 % : 70–81 %),
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Spécificité de 89 % (IC 95 % : 87–92 %),
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AUC de 0,89,
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DOR de 23,06.
Ces résultats traduisent une valeur diagnostique robuste pour l’échographie, confirmant son rôle fondamental dans la prise en charge clinique des patientes présentant des troubles menstruels, une infertilité inexpliquée ou une suspicion de pathologie utérine.
Intelligence artificielle : aide à la détection et réduction de la variabilité
L’intégration de l’IA dans l’imagerie gynécologique ouvre de nouvelles perspectives pour le dépistage standardisé et performant des myomes utérins, en particulier dans les contextes de faible expertise échographique. Plusieurs études récentes démontrent la capacité des réseaux neuronaux à améliorer la précision diagnostique, à réduire la variabilité interopérateur et à soutenir la formation des jeunes praticiens.
Une étude publiée dans Scientific Reports en 2022 a évalué un réseau neuronal convolutif (DCNN) entraîné sur un jeu de 3 870 images échographiques issues de 667 patientes porteuses de fibromes et 570 témoins sans pathologie utérine. Le modèle, une fois entraîné, a été utilisé pour assister des échographistes juniors. Résultats :
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Sensibilité : 94,7 %
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Spécificité : 92,8 %
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Précision globale : 97,0 %
Ces performances, obtenues dans un environnement clinique simulé, étaient équivalentes à celles d’opérateurs experts, montrant que l’IA peut combler les écarts liés à l’expérience tout en fiabilisant le diagnostic.
Plus récemment, une étude parue dans BMC Medical Imaging en 2024 a proposé une architecture plus avancée combinant EfficientNetB0 et un mécanisme d’attention, appliquée à 1 990 images échographiques annotées. EfficientNetB0 est un réseau de neurones convolutifs optimisé pour la classification d’images, conçu pour équilibrer automatiquement la profondeur, la largeur et la résolution du modèle afin d’obtenir un excellent compromis entre précision et efficacité de calcul. Utilisé dans cette étude comme backbone de l’IA, il permet de capter finement les détails texturaux et morphologiques des images médicales.
Grâce à cette architecture enrichie par un mécanisme d’attention, le modèle a atteint une précision diagnostique de 99,0 %, confirmant l’intérêt des modèles attentionnels pour détecter les myomes de petite taille ou à contours atypiques, souvent source de variabilité entre praticiens.
L’apport de ces technologies est double :
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Elles permettent une lecture assistée fiable et reproductible, réduisant l’incertitude diagnostique.
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Elles facilitent une stratification précoce des patientes, en améliorant la détection des lésions subtiles et en orientant plus rapidement vers l’IRM, l’hystéroscopie ou le traitement (médical ou interventionnel).
L’IA ne remplace pas l’expertise clinique, mais elle s’impose comme un outil complémentaire précieux, notamment pour homogénéiser les pratiques, former les jeunes professionnels et renforcer la précision de l’échographie pelvienne dans le dépistage des myomes.
Rôle prédictif de l’échographie dans la stratégie thérapeutique (HIFU, myomectomie)
Au-delà de son rôle diagnostique, l’échographie transvaginale s’impose comme un outil prédictif majeur dans la planification thérapeutique des myomes utérins. En particulier, elle permet d’évaluer des paramètres morphologiques et tissulaires corrélés à la réponse aux traitements conservateurs, notamment les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU).
Une étude prospective publiée en 2024 dans Frontiers in Oncology a analysé 124 myomes chez 75 patientes traitées par HIFU entre 2019 et 2022. Les auteurs ont identifié plusieurs caractéristiques échographiques associées à une meilleure efficacité d’ablation thermique :
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Forme ovale ou elliptique du myome,
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Échogénicité homogène et élevée,
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Absence de zones nécrotiques visibles,
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Volume modéré à important,
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Présence de bandes d’atténuation postérieures.
Ces facteurs ont été statistiquement associés à un taux de destruction tissulaire plus élevé et à un Energy Efficiency Factor (EEF) plus faible, traduisant une meilleure réponse au traitement HIFU.
En complément, l’utilisation du Doppler couleur ou power Doppler permet une évaluation fonctionnelle de la vascularisation intra-lésionnelle, particulièrement utile avant une embolisation des artères utérines ou une myomectomie conservatrice. De même, des techniques avancées comme l’élastographie (2D-SWE, SMI) permettent d’analyser la rigidité tissulaire et le flux microvasculaire, améliorant ainsi la stratification préopératoire et la sélection des candidates aux traitements ciblés (ScienceDirect, 2024, Wiley, J Ultrasound Med., 2024).
Ces résultats confirment que l’échographie moderne, enrichie de modules fonctionnels, ne se limite plus à la détection. Elle constitue désormais un véritable outil de médecine personnalisée, contribuant à adapter les indications thérapeutiques à la morphologie, à la structure et au comportement vasculaire des fibromes.
Hygiène, sécurité et qualité d’image : des enjeux opérationnels majeurs
L’optimisation du geste échographique en gynécologie repose autant sur la compétence technique que sur le respect rigoureux des protocoles d’hygiène et de traçabilité. Ces pratiques garantissent non seulement la qualité d’image diagnostique, mais aussi la sécurité du personnel médical et des patientes.
Trois éléments clés doivent être systématiquement pris en compte :
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L’utilisation de protections de sonde stériles à usage unique, pour prévenir toute transmission croisée, notamment des IST ou des infections nosocomiales.
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Le choix d’un gel échographique de qualité médicale, compatible avec les muqueuses et garantissant une excellente transmission du signal. Un gel stérile, compatible muqueuses et conforme à la norme NF EN 16615, assure la transmission ultrasonore et limite les risques infectieux.
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Une désinfection automatisée et standardisée, conforme à la norme EN 17126, pour une traçabilité complète. À ce titre, la solution Lumicare proposée par EDM Imaging permet une désinfection rapide en 90 secondes, reproductible et validée, tout en optimisant le flux de patients.
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L’enjeu dépasse le simple cadre technique : il s’agit d’instaurer un environnement de soin sécurisé, garantissant à la fois la fiabilité du diagnostic par une imagerie de qualité, et la confiance dans la prise en charge gynécologique.

Vers une approche intégrée et personnalisée du dépistage
Les dernières recommandations convergent vers une approche intégrée et hiérarchisée du diagnostic et de la prise en charge des myomes utérins, plaçant l’imagerie au cœur du parcours de soins. Trois examens complémentaires sont aujourd’hui utilisés de manière séquentielle et ciblée selon le profil clinique de la patiente.
Selon la HAS (2023), l’échographie pelvienne par voie transvaginale constitue l’examen de première intention pour identifier et caractériser les myomes symptomatiques ou découverts fortuitement. En cas de doute diagnostique, de suspicion de malignité ou dans la perspective d’une prise en charge interventionnelle (ex. HIFU), une IRM pelvienne est recommandée pour préciser la cartographie lésionnelle et orienter la stratégie thérapeutique.
Le MSD Manual Pro (2025) confirme cette séquence, en insistant également sur le recours à la sonohystérographie ou à l’hystéroscopie diagnostique en cas de suspicion de myome sous-muqueux, afin d'évaluer l’impact sur la cavité endométriale et de guider une éventuelle myomectomie.
Le CNGOF (2023) va dans le même sens, en structurant clairement une stratégie en trois temps :
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Échographie endovaginale systématique en première intention ;
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IRM pelvienne en cas de doute morphologique ou avant chirurgie ;
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Sonohystérographie/hystéroscopie si atteinte sous-muqueuse suspectée.
Les avancées technologiques, notamment les outils d’intelligence artificielle pour l’aide au diagnostic, la haute résolution des sondes, et les dispositifs de désinfection automatisée, permettent de renforcer la fiabilité et la sécurité de cette stratégie. L’échographie transvaginale, enrichie de modules fonctionnels et d’IA, structure une prise en charge individualisée des myomes, depuis le dépistage jusqu’à la planification thérapeutique.
Sources :
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High cumulative incidence of uterine leiomyoma in black and white women: ultrasound evidence
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12837769/
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Uterine Fibroids – MSD Manual Professional
https://www.msdmanuals.com/professional/gynecology-and-obstetrics/uterine-fibroids/uterine-fibroids
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Diagnostic Accuracy of Ultrasound in the Diagnosis of Uterine Fibroids: A Meta-Analysis
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37778636/
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Actualisation de la prise en charge des myomes utérins – CNGOF (2023)
https://cngof.fr/app/uploads/2023/06/2004_Gm_015_perrot.pdf
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AI-aided method to detect uterine fibroids in ultrasound images using DCNN
https://www.nature.com/articles/s41598-022-26771-1
-
Deep learning based uterine fibroid detection using EfficientNet and attention mechanism
https://bmcmedimaging.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12880-024-01389-z
-
Ultrasound features associated with HIFU ablation efficacy in uterine fibroids
https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fonc.2024.1451626/full
-
Preoperative ultrasound and Doppler parameters in fibroid therapy planning
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jum.15647
-
Doppler 3D et planification interventionnelle en pathologie utérine – ScienceDirect (2024)
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2949838424000227
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HAS – Note de cadrage sur les ultrasons focalisés (HIFU) pour fibromes utérins https://www.has-sante.fr/jcms/p_3445537/fr/evaluation-des-ultrasons-focalises-de-haute-intensite-pour-le-traitement-des-fibromes-uterins-symptomatiques-note-de-cadrage
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CATALOGUE GELS & COUPLANTS
https://www.edm-imaging.com/pages/catalogue-gels-couplants-eeg-ecg
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Lumicare système automatisé de désinfection de haut niveau des sondes courtes https://www.edm-imaging.com/products/lumicare-systeme-de-desinfection-de-haut-niveau
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Intérêt de l’échographie dans l’exploration des myomes utérins : à propos de 32 cas à l’hôpital du District CIV
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Imagerie des tumeurs myométriales et complications associées
Présentation PowerPoint
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Cartographie des Myomes à l’Échographie: Application de la Classification FIGO à Abidjan
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